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Sport français : les 6 grandes tendances qui vont marquer la saison 2026-2027

07 September 2026
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Sport français : les 6 grandes tendances qui vont marquer la saison 2026-2027
Rédacteur.trice
Mathis
Commercial sport
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La rentrée sportive 2026-2027 ne se résume pas à la reprise des championnats et au retour des compétitions. Dans presque toutes les disciplines, le sport français entre dans une nouvelle phase : son modèle économique évolue, le sport féminin se professionnalise, les compétitions se réinventent, les fédérations cherchent à favoriser la multi-pratique et le sport prend une place croissante dans les politiques de santé et de transition écologique.

Une transformation qui concerne aussi bien le sport professionnel que les clubs amateurs, les associations et les organisateurs d'événements.

Voici les six grandes tendances à suivre cette saison.

Le sport professionnel change de modèle économique

C'est probablement le changement le plus structurant de cette rentrée.

La loi n° 2026-725 du 3 août 2026 relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel a été publiée au Journal officiel le 4 août 2026. Elle réforme plusieurs aspects du fonctionnement du sport professionnel français : gouvernance, financement, droits audiovisuels, lutte contre le piratage et développement du sport professionnel féminin.

Le piratage, un enjeu économique majeur

L'un des objectifs affichés est de mieux protéger les revenus issus de la diffusion des compétitions.

Selon l'Arcom, le piratage des retransmissions sportives représente environ 290 millions d'euros de manque à gagner par an pour le secteur sportif, soit près de 15 % du marché de la diffusion des contenus sportifs, un montant qui pèse sur les clubs, les fédérations et le sport amateur. Le piratage coûterait par ailleurs environ 420 millions d'euros par an à l'État en recettes sociales et fiscales.

Le phénomène dépasse donc largement la question des chaînes de télévision. Moins de revenus issus des droits audiovisuels signifie potentiellement moins de moyens pour les clubs, moins d'investissements et, à terme, moins de ressources pour l'ensemble de l'écosystème sportif.

La nouvelle loi renforce notamment les dispositifs de lutte contre les retransmissions illicites, avec des sanctions pénales alourdies (jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende, portés à 7 ans et 750 000 euros en bande organisée). Elle prévoit également, à titre expérimental entre le 1er janvier 2027 et le 30 juin 2028, la possibilité de recourir à des techniques de publicité et de parrainage virtuels pour certaines compétitions sportives.

Le football comme révélateur d'une crise plus large

Le football professionnel est évidemment au cœur de cette réforme.

Les droits audiovisuels domestiques de la Ligue 1 sont ainsi passés d'environ 726 millions d'euros sur la période 2016-2020 à environ 500 millions d'euros lors du dernier grand contrat, avant de chuter encore davantage ces dernières saisons, avec des déficits cumulés importants pour les clubs professionnels.

Mais le sujet dépasse le seul football.

Le véritable enjeu pour le sport professionnel français est désormais de trouver un modèle capable de combiner droits audiovisuels, billetterie, sponsoring, revenus commerciaux et expérience spectateur.

Autrement dit, le public présent dans les tribunes devient plus important que jamais.

À retenir

290 millions d'euros : c'est l'ordre de grandeur du manque à gagner annuel estimé pour le sport en raison du piratage des retransmissions, selon l'Arcom.

Ce qui change pour les clubs

La diversification des revenus devient stratégique. Billetterie, partenariats, animations, événements et relation directe avec les supporters prennent une importance croissante dans l'économie d'un club.

Le sport féminin passe un nouveau cap

La progression du sport féminin constitue une autre transformation majeure de la saison 2026-2027.

Et cette évolution ne se limite plus à la médiatisation des grandes compétitions. Elle touche désormais le financement, la gouvernance et l'organisation des structures sportives.

La loi de 2026 fait notamment de l'égalité entre sport masculin et féminin une obligation : solidarité financière obligatoire entre les deux secteurs, possibilité de créer des ligues ou sociétés commerciales dédiées au secteur féminin, et renforcement de la visibilité du sport féminin dans les médias.

Des moyens financiers qui progressent

Le mouvement est également visible dans les politiques de financement des fédérations.

Depuis 2025, au moins 20 % des crédits des projets sportifs fédéraux (PSF) doivent être consacrés à des actions en faveur du public féminin, contre une part plus faible les années précédentes.

Dans le même temps, la pratique sportive se féminise. Selon l'INJEP, l'écart entre hommes et femmes concernant la pratique sportive régulière n'était plus que d'un point en 2025 (61 % des femmes contre 62 % des hommes), contre six points en 2018.

Le public féminin est donc de moins en moins un « nouveau public » à conquérir : il devient une composante à part entière du paysage sportif français.

Un changement pour les organisateurs

Cette évolution peut avoir des conséquences très concrètes : programmation de compétitions féminines, horaires, communication, accueil du public, développement de nouvelles offres ou encore création d'événements spécifiquement pensés autour de la pratique féminine.

Le développement du sport féminin représente ainsi à la fois un enjeu d'égalité et une véritable opportunité de développement pour les clubs.

Le chiffre à retenir

20 % : c'est la part minimale des crédits PSF consacrée au développement de la pratique féminine depuis 2025.

Ce qui change pour les clubs

Le développement du sport féminin peut être pensé comme un projet sportif, mais aussi comme un projet événementiel : nouvelles compétitions, nouveaux publics, nouveaux partenaires et nouvelles occasions de remplir les tribunes.

Les compétitions se réinventent pour attirer davantage de public

Autre tendance forte de 2026-2027 : les championnats cherchent à créer davantage de temps forts.

L'objectif n'est plus seulement d'organiser une succession de rencontres. Il s'agit aussi de construire un spectacle, de renforcer la médiatisation et de donner au public davantage de rendez-vous identifiables.

Le meilleur exemple cette saison vient du handball.

La StarLigue inaugure les playoffs

À partir de la saison 2026-2027, la StarLigue (première division de handball) adopte un nouveau format, validé par l'Assemblée générale de la Ligue Nationale de Handball (LNH) le 3 février 2026.

Les 16 clubs disputent toujours une saison régulière de 30 journées. À l'issue de cette phase, les quatre premiers se qualifient pour des playoffs pour le titre (demi-finales aller-retour, finale sur un match unique en terrain neutre), tandis que les équipes classées de la 5e à la 8e place disputent une phase qualificative pour la dernière place en Ligue Européenne EHF.

Le championnat se termine désormais par une finale-événement, sur terrain neutre.

La LNH assume clairement les objectifs de cette réforme : renforcer l'engouement populaire, améliorer la médiatisation et soutenir le développement économique des clubs et de leurs partenaires, tout en ne faisant pas augmenter le nombre maximal de matchs disputés sur l'ensemble de la saison.

C'est une évolution particulièrement intéressante car elle illustre une tendance qui dépasse le handball.

Le match devient un événement

Un championnat peut désormais être pensé autour de plusieurs niveaux d'expérience :

  • la rencontre sportive ;
  • l'animation avant et après le match ;
  • l'expérience dans le stade ;
  • la communication autour de l'événement ;
  • la billetterie ;
  • la fidélisation des spectateurs ;
  • et les grands rendez-vous de fin de saison.​​​​​​​

À retenir

Les compétitions cherchent de plus en plus à créer des rendez-vous événementiels plutôt qu'une simple succession de matchs.

Ce qui change pour les clubs

La rencontre sportive devient un produit événementiel à part entière. L'animation, la billetterie, l'accueil du public et la communication peuvent contribuer directement à l'attractivité et aux revenus du club.

La multi-pratique devient un nouveau modèle

Pendant longtemps, les fédérations étaient essentiellement organisées autour d'une discipline.

Mais les habitudes des pratiquants évoluent. Tennis, padel, running, fitness, sports de nature ou sports collectifs : les Français passent plus facilement d'une activité à l'autre.

La Fédération Française de Tennis (FFT) propose cette saison une illustration particulièrement concrète de cette évolution, décidée lors de son Assemblée générale des 10 et 11 janvier 2026.

Une licence pour cinq disciplines

À partir du 1er septembre 2026, la licence Club FFT donne accès à l'ensemble des disciplines de la fédération :

  • tennis ;
  • padel ;
  • beach tennis ;
  • pickleball ;
  • courte paume.

Elle est valable aussi bien en loisir qu'en compétition. La FFT met ainsi fin aux licences annuelles mono-discipline (padel, beach tennis, pickleball), tout en conservant les licences découverte et scolaire.

Le tarif de la licence Club FFT est de 33 € pour les adultes, 23 € pour les 7-18 ans et 13 € pour les 6 ans et moins.

L'objectif affiché par la FFT est double : simplifier la gestion pour les clubs et permettre aux licenciés de choisir, cumuler ou alterner les pratiques au cours de la saison.

Une tendance à surveiller

L'intérêt de cette réforme dépasse donc largement le tennis.

Elle illustre une évolution du rapport au sport : le pratiquant ne se définit plus nécessairement par une seule discipline.

Pour les clubs, cela peut ouvrir la voie à davantage de passerelles entre activités, à des événements multisports et à des offres capables de fidéliser un pratiquant au-delà d'une seule pratique.

Exemple concret

Une licence, cinq disciplines : la FFT fait de la multi-pratique un élément central de son modèle pour la saison 2026-2027.

Ce qui change pour les clubs

Les clubs peuvent chercher à créer davantage de passerelles entre leurs activités : journées découverte, événements multisports, tournois combinés ou animations permettant aux adhérents de tester d'autres disciplines.

Le sport devient un véritable enjeu de santé publique

Le développement du sport-santé constitue probablement l'une des évolutions les plus importantes pour le tissu associatif.

Car le sport n'est plus seulement considéré comme une activité de loisir ou de compétition. Il est désormais présenté comme un outil de prévention, de bien-être et de santé publique.

Les Français font davantage de sport

Le Baromètre national des pratiques sportives 2025, réalisé par l'INJEP auprès de 4 019 personnes entre juin et juillet 2025, montre que 61 % des Français de 15 ans et plus pratiquent régulièrement une activité sportive (au moins une fois par semaine en moyenne), soit deux points de plus qu'en 2023 et sept points de plus qu'en 2018.

En intégrant les pratiques occasionnelles, 72 % des 15 ans et plus ont pratiqué au moins une activité physique ou sportive au cours des douze derniers mois.

Chez les 15-24 ans, le taux de pratique régulière atteint 75 %, un niveau stable par rapport aux années précédentes.

L'écart entre hommes et femmes s'est également fortement réduit, à un seul point en 2025 contre six points en 2018.

Le sport-santé s'organise

Cette évolution accompagne la Stratégie nationale Sport-Santé 2025-2030.

Les Maisons Sport-Santé constituent notamment un point d'entrée pour les personnes souhaitant pratiquer une activité physique pour des raisons de santé ou de bien-être.

Le réseau compte aujourd'hui 581 Maisons Sport-Santé sur le territoire, selon le ministère des Sports.

Pour les clubs, cela ouvre de nouvelles possibilités : séances découverte, activités adaptées, événements intergénérationnels, sport-santé, activités destinées aux seniors ou encore partenariats avec des acteurs de santé.

Le défi est donc de réussir à transformer une pratique sportive occasionnelle en une relation durable avec une structure sportive.

Le chiffre à retenir

72 % des Français de 15 ans et plus ont pratiqué au moins une activité physique ou sportive au cours des douze derniers mois en 2025.

Ce qui change pour les clubs

Le public potentiel est plus large que les seuls licenciés. Les séances découverte, événements ouverts à tous et formats sport-santé peuvent devenir de véritables portes d'entrée vers la pratique.

L'événement sportif doit devenir plus responsable

La transition écologique est souvent associée aux grands événements internationaux.

Mais en réalité, elle concerne progressivement l'ensemble du secteur sportif.

Le 15 juillet 2026, la France a adopté sa troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC-3), officialisée par décret le 18 juillet. Elle confirme l'objectif de réduire de moitié les émissions territoriales d'ici 2030 par rapport à 1990 et d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Le sport est lui aussi concerné par cette trajectoire.

Cinq questions à se poser

Comment les spectateurs viennent-ils ?

La mobilité est souvent l'un des premiers sujets à intégrer dans la conception d'un événement.

Quelle énergie est consommée ?

Éclairage, chauffage, sonorisation ou installations temporaires représentent autant de postes à anticiper.

Que deviennent les déchets ?

Restauration, emballages, gobelets, signalétique ou équipements peuvent être intégrés à une démarche de réduction et de réemploi.

Comment gérer la restauration ?

Choix des fournisseurs, quantités, gaspillage alimentaire et gestion des déchets deviennent des sujets d'organisation à part entière.

Que peut-on réutiliser ?

Matériel événementiel, équipements sportifs, mobilier ou signalétique peuvent parfois être loués, mutualisés, réparés ou réemployés plutôt que systématiquement achetés.

À retenir

La transition écologique du sport ne concerne plus uniquement les Jeux olympiques ou les grands événements internationaux. Elle s'applique progressivement à tous les niveaux de l'organisation sportive.

Ce qui change pour les clubs

L'enjeu consiste à intégrer les questions environnementales dès la conception de l'événement : mobilité, énergie, restauration, déchets, achats et réemploi.

Et du côté du haut niveau ?

Même si l'essentiel des transformations concerne l'ensemble de l'écosystème sportif, le haut niveau français entre lui aussi dans un nouveau cycle.

L'Agence nationale du Sport a présenté le 18 novembre 2025 Ambition Bleue 2025-2032, une nouvelle stratégie destinée à installer durablement la France parmi les grandes nations sportives et à préparer les prochaines échéances, notamment Milan 2026, Los Angeles 2028 et les Jeux d'hiver des Alpes françaises 2030.

La stratégie repose sur quatre axes : transformation du modèle de haute performance, détection des athlètes à potentiel, préparation des générations futures et utilisation de la donnée et de l'intelligence artificielle.

La recherche reste également un axe important : un programme de recherche prioritaire consacré à la haute performance et à l'innovation, opéré via l'Agence Nationale de la Recherche et piloté par le CNRS, est doté de 20 millions d'euros.

Le chiffre à retenir

20 millions d'euros sont consacrés à ce programme de recherche dédié à la haute performance sportive et à l'innovation.​​​​​​​

2026-2027 : une nouvelle manière de penser le sport

À première vue, une saison sportive commence toujours de la même manière : les clubs reprennent l'entraînement, les championnats redémarrent et les calendriers se remplissent.

Mais derrière cette rentrée se joue une transformation beaucoup plus profonde.

Le sport professionnel cherche un nouveau modèle économique. Le sport féminin poursuit sa professionnalisation. Les compétitions créent de nouveaux formats pour attirer le public. Les fédérations encouragent la multi-pratique. Le sport devient un outil de santé publique et les organisateurs doivent progressivement intégrer les enjeux environnementaux.

Ces évolutions ont un point commun : la place du public et du pratiquant devient centrale.

Un événement sportif n'est plus seulement une compétition à organiser. C'est une expérience à construire, un public à fidéliser et, de plus en plus, une communauté à faire vivre.

Pour les clubs et les organisateurs, la saison 2026-2027 pourrait donc être moins celle d'un simple retour à la compétition que celle d'une nouvelle façon de penser l'événement sportif, de son organisation jusqu'à l'expérience vécue par le public.


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